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Les chroniques du GROS joggeur

Les chroniques du GROS joggeur

Bienvenue sur ce blog dédié à ma pratique de la course à pied. Courant entre 70 et 80 kilomètres par semaine, je vous raconte ici mes courses, mes préparations et ma vie de coureur. Bonne lecture!


Mon premier plan marathon: par pertes et immenses profits.

Publié par Legrosjoggeur sur 7 Mai 2013, 17:54pm

Catégories : #Le GROS joggeur

Ce plan marathon aura été une très grande aventure sportive et finalement, une réussite. Cependant, j’avais été prévenu de certains effets secondaires mais je n’en ai pris conscience qu’une fois que je les ai subis. En toute franchise, je ressors immensément grandi et enrichi sportivement et moralement mais les choses ne se sont pas passées de manière linéaire.
Je partage avec vous les différentes phases de mon plan marathon entre ombre et lumière.

 

Des débuts enthousiastes mais inconscients.

 

Immédiatement après les Foulées Charentonnaises, j’enchaîne avec le plan marathon 3h50 de Gérard Martin en 8 semaines. Comportant le Semi de Paris en semaine 3, ce plan très équilibré doit me mener au top de ma forme le jour J, c’est-à-dire le 7 avril pour le Marathon de Cheverny. Je suis mort de faim et je tiens tout mon programme jusqu’à la première échéance : ce semi qui doit valider mon plan. Je commets ici trois erreurs : premièrement, je dispute le Semi de Savigny en mode entraînement (1h50’) le dimanche 24 février. Ensuite, une semaine d’entraînement trop chargée malgré l’imminence d’une compétition. En effet, 4 jours avant le semi de Paris, je réalise une séance de 5000m AS42/3000m AS21 qui laissera des traces. Dernière erreur : aller chercher un gros record personnel. A ce moment là, ma meilleure marque était de 1h43’41’’ (Vincennes, 2012) et j’ambitionnais de terminer en 1h40 (voire moins). Trop motivé, je néglige totalement mon manque de fraîcheur. Résultat : 5 derniers kilomètres à l’agonie et un chrono (1h41’31’’) qui me laissa un goût très amer, bien que j’eusse amélioré mon record de plus de 2 minutes…

 

En haut: dans les 100 derniers mètres du Semi de Savigny. En bas : au km18 du Semi de Paris
En haut: dans les 100 derniers mètres du Semi de Savigny. En bas : au km18 du Semi de Paris

En haut: dans les 100 derniers mètres du Semi de Savigny. En bas : au km18 du Semi de Paris

Après tout cela, je me remets en question et je me mets à bloc sur l’objectif marathon, conscient de mes lacunes…

 

Tu vis, tu manges, tu dors marathon et…

 

Souhaitant ardemment réussir mon tout premier marathon (passer sous les 4h), je me donne tous les moyens pour y arriver. Alimentation, entraînement TRES sérieux (aucune séance ratée), récupération : je suis une routine très précise qui porte ses fruits. Cependant, je ne me rends pas compte que je commence à exagérer. Tout à ma concentration, je ne fais pas attention à quelques signaux. Mes collègues répondent poliment lorsque je leur parle de mes entraînements, merci à eux mais je dois bien les fatiguer...Petit à petit, je deviens un héros de l’inutile mais je n'en ai pas conscience et tant que la santé va…

 

Tu exploses !!!

 

Les choses vont prendre un tour très désagréable lors des semaines 5 et 6 du plan. Les semaines d’entraînement deviennent de plus en plus chargées et je bats mes records de volume hebdomadaire coup sur coup. De manière sournoise, la fatigue est là et j’essaie de l’ignorer. L’hospitalisation d’une personne très chère me perturbe mais je tente pourtant de rester concentré, persuadé que je suis capable de tout gérer. Le travail, les visites à l’hôpital, les paperasses, les entraînements...Mais oui, Bernard, tu en es capable !!! La vérité est que je suis spectateur de ma chute. Je me raccroche à peu de choses, mais tout se dérobe sous mes pieds. Je deviens irritable, très nerveux, hypersusceptible. Comme par hasard,  le paroxysme est atteint peu après la sortie la plus longue du plan (2h52, 29kms) et je me retrouve au bord de l’abîme. Pour la première fois, j’envisage sérieusement le forfait. Pour couronner le tout, je tombe malade avec une belle bronchite accompagnée d' une extinction de voix. Avec le recul, rien d'étonnant  car je viens d’accumuler 146 kilomètres en deux semaines (beaucoup pour certains, très moyen pour d'autres...) et je suis plus fragilisé que jamais. 

 

De retour

 

Malgré ce contexte hostile, le pire est derrière moi. Le travail étant fait, je n’hésite pas à supprimer deux séances lors des deux dernières semaines et surtout, j’entreprends une introspection personnelle sans aucune concession. En me regardant en face, je réalise à quel point, je me suis trompé de sens. Le plaisir que je prenais à l’entraînement avait  totalement disparu et il est temps de le retrouver. En outre, l’hospitalisation de ma parente prend fin et les voyants passent de rouge à orange. Le souvenir de mes galères postopératoires me redonne un bon coup de fouet. Tout ça pour ça ? Sûrement pas. Je me repose et m’entretiens juste ce qu’il faut pour être bon le jour J. Le 6 avril, jour du départ à Cheverny, je retrouve une pêche et une motivation qui m’avaient quitté depuis quelque temps.

 

De l’ombre à la lumière

 

La veille du marathon, j’ai un sentiment bizarre : je me sens vraiment opérationnel et pourtant tout incite à la prudence. Je sors de deux semaines épouvantables et pourtant, je me retrouve là avec une immense soif de vaincre . Je sens que je VAIS GAGNER (i.e. : passer sous les 4 heures). S'il y en avait besoin, les messages d'encouragements d'un grand nombre d'amis runners me donnent encore plus de force.

Le lendemain, je vis ma plus belle course. 42,195 km, c’est long mais je vis des moments magiques et d’un revers de main, je balaye toutes mes difficultés passées. En un peu plus de 3h57’, je deviens marathonien en ayant très bien vécu ma course. Un bonheur inégalable, une joie indescriptible d’autant plus que l’on ne m’a rien donné et que je suis allé chercher cette victoire.

Savourant la victoire après le marathon de Cheverny

Savourant la victoire après le marathon de Cheverny

En surfant sur l’euphorie

 

J’ai sous-estimé les effets du plan marathon ? Et bien, j’ai tout autant sous-estimé les conséquences de celui-ci. Outre l’immense joie procurée par cette médaille de finisher, j’ai finalement emmagasiné une endurance et une caisse considérable. En effet, je reprends l’entraînement…quatre jours plus tard et je me remets au turbin car j’envisage un scénario un peu fou. Si quelques amis runners choisissent l’option récupération absolue, d’autres camarades me conseillent de capitaliser sur cette nouvelle force et d’aller tenter ma chance sur semi et pourquoi pas sur 10km. Je baptise ce challenge improbable "Hat-trick"(Coup du chapeau : 3 buts d’affilée pour le même joueur lors d’un match de football) . Une hérésie ?

Gonflé d’une motivation inédite (d’habitude, je n’en manque pas, mais là, je ne me suis vraiment pas reconnu), je réussis finalement ce challenge en battant mon record sur semi à Draveil le 28 avril puis en abaissant ma marque le 5 mai lors des 10km de l’Anorgend.

En haut: lors de la Balade des Chênes d'Antan. En bas, lors des 10km de l'Anorgend
En haut: lors de la Balade des Chênes d'Antan. En bas, lors des 10km de l'Anorgend

En haut: lors de la Balade des Chênes d'Antan. En bas, lors des 10km de l'Anorgend

Je vous laisse libre de dire s’il s’agit d’un succès ou non. Je vais manquer de modestie mais je ressens une immense fierté d'être allé jusqu'au bout.

 

Quelques chiffres

Plan marathon en 8 semaines (11 février-7 avril):

30 séances, 483km

Marathon de Cheverny : 3h57'22" (RP)

Plan "Hat-Trick" en 4 semaines

12 séances, 139km

Semi de la Balade des Chênes d'Antan : 1h38'37" (RP)

10km de l'Anorgend: 43'43" (RP)

 

Commenter cet article

Olivier 12/09/2016 22:17

Lucidité, humilité, sincérité. Ceci équilibre parfaitement le blog. Merci.

Luc Potvin 04/10/2014 22:12

Bravo Bernard,

merci pour toute la simplicité avec laquelle vous relatez vos entrainements et vos courses. J'ai tombé par hazard sur votre blog, en cherchant des trucs ( et la confiance) pour courir mon prochain marathon vers les 3H50. Je viens de terminer le marathon de Montreal, mon permier full, en 4H08 et je me sens plus d'attaque que jamais. Merci pour ce beau blog, votre sincérité, humilité et enthousiasme à travers vos écrits m'ont bien plu.

Luc Potvin
Montreal, Québec , Canada

Bernard le gros joggeur 04/10/2014 22:29

Votre commentaire me touche énormément, Luc.
Je n'ai pas oublié cette période très spéciale (à plus d'un titre)
Je vous souhaite sincèrement d'atteindre votre objectif et surtout de vous amuser :)

domi 12/06/2013 15:34

Bonjour Bernard
Comme je me retrouve dans tes récits !!janvier 2012 , opération de la cheville gauche pour le 4 ° fois , là les chirurgiens me disent : le sport c'est fini pour vous !! malgré tout je parviens le 1 ° août à re courir pour finalement faire le marathon des villages ( cap ferret près prés de bordeaux) en 4h18 ...
depuis j' ai fait la foulée des baines ( 20 km dans le sable ) et dimanche je fais un trail
j'ai déjà mon inscription pour le prochain marathon des villages le 13 octobre , je démarre ma prépa marathon au 1 ° juillet
effectivement que d 'émotion à l' arrivée du premier marathon, je n' ai pas honte de le dire j' en ai pleuré moi qui soit disant était fini pour le sport !!
tu seras d' accord avec moi pour dire que certes il y a la préparation physique qui est primordiale mais le mental est aussi important !!
je découvre ton blog aujourd'hui et sois sûre que je vais y revenir
après quoi courons nous ? , c'est tout simple nous courons après le plaisir

domi

DaJo 08/05/2013 20:14

Superbe débrief plein de lucidité et félicitations pour tes succès ! ;-)
Lève quand même un peu le pied maintenant car la grosse fatigue se paie en différé et les taux intérêts sont affreusement élevés...

Legrosjoggeur 08/05/2013 21:32

Salut, DaJo!
Je suis en pleine semaine de récupération et je sens bien qu'il était temps de lever le pied.
J'enchaînerai avec une semaine cool avant de reprendre en mode 10km :)

jean jacques 08/05/2013 18:55

bravo ,quelle volonté,et beaucoup de courage.Félicitations.

Legrosjoggeur 08/05/2013 21:31

Merci, Jean Jacques
Comme pour tout, il faut savoir s'accrocher :)

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