Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 18:40

Après avoir établi une nouvelle marque personnelle lors du semi de la Balade des Chênes d'Antan, je bascule désormais en mode 10km. Mis en confiance, je reprend l'entraînement en explorant une filière que je n'aime pas du tout: la Vitesse Maximale Aérobie (VMA). Le dimanche 13 mai, je dois disputer les 10km de l'Anorgend (Association Nationale des Réservistes de la Gendarmerie Nationale) qui se déroule dans le Bois de Vincennes (pour ainsi dire, à domicile). Pas de temps à perdre, je vais devoir travailler sur piste. J'en profite pour tester une nouvelle paire de chaussures qui se révèlera extrêmement décevante mais passons...Le travail sur piste se passe plutôt bien et mes chronos sont très corrects. Toutefois, je ressens une vive douleur à l'adducteur gauche qui ne s'estompera que vendredi soir, avant-veille de la course... J'avais même envisagé un forfait.

Le lendemain, sur un réseau social bien connu, le vénérable Pierrot des Vincennus me propose son aide. Pierrot vaut 44 minutes sur 10km mais ne va pas disputer la course au taquet. J'accepte avec plaisir sur une base de 46'30", même si je me dis que ça commence à faire beaucoup...

 

L'avant-course

 

Etant passé récupérer mon dossard le samedi après-midi, je n'ai aucune pression horaire. La course devant démarrer à 10h30, je suis très tranquille et passe une très bonne nuit. Réveil à 7h00, le petit-déjeuner habituel d'avant-course (oeufs pochés et pain beurré), étirements, habillage et je fonce du côté de l'esplanade du Chateau de Vincennes.

J'arrive vers 10h00 et j'y retrouve Pierrot ainsi que Vincent et Michel des Vincennus qui, bien que non inscrit, fera un bout de chemin avec nous.

 

DSC_0008.JPG

Avec Pierrot!

 

L'ambiance est très bon enfant sur le village de la course même si on sent tout le sérieux de la Gendarmerie Nationale dans l'organisation. En effet, on peut croiser des gendarmes en uniforme ainsi que des gradés trois étoiles. Bénévoles très sympathiques, organisation au top et...très peu de concurrents. En effet, nous ne serons que 250 à prendre le départ. Je n'ai aucune excuse à une quelconque contre-performance car tous les voyants sont au vert. Ah, j'oubliais de vous dire qu'en plus, le temps était simplement sublime (grand soleil, ciel bleu et 12 degrés)... Pierrot étant venu de chez lui en courant, je pars m'échauffer pendant quelques minutes. J'en profite pour arpenter le premier kilomètre de la course, histoire de ...

Je salue Benoît César qui a quelques coureurs engagés sur la course et je fais quelques étirements.

Cela peut paraître superflu, mais je n'ai pas oublié de me munir de mon bidon d'eau sucrée, sait-on jamais...

 

La course

 

Nous nous positionnons assez tôt sur la ligne de départ car il n'y aura qu'un temps réel.

Comme lors de la Balade des Chênes d'Antan, nous sommes très peu nombreux mais c'est bien le seul point commun aux deux courses! Avec Pierrot, nous nous mettons d'accord sur une stratégie simple, un 1er kilomètre en 4'45" puis des allures comprises entre 4'35 et 4'40"/km jusqu'au km 8 et là, on donne tout!

A 10h30, le coup de feu retentit!

 

Départ-2km: 9'23"

 

0-1: 4'41"

1-2: 4'42"

 

Je franchis la ligne de départ 4 secondes après le coup de feu. Nous partons de la fin de la Route Dauphiné mais bifurquons sur la droite à peine 100 mètres après. Cela ressemble un peu à un goulot d'étranglement mais je m'en extirpe sans trop de mal, malgré quelques concurrents plus lents que moi faisant un peu barrage.

Après avoir retrouvé Pierrot, nous nous mettons rapidement dans l'allure. Michel nous attend au km 1,5 en haut de l'allée Royale et de l'allée des Lapins. Pour le moment, rien à signaler , tout roule!

 

2-4km: 9'13"

 

2-3: 4'42"

3-4: 4'31"

 

Nous empruntons à présent la route de la Tourelle dans le sens montant et là, je sens la différence. Pierrot me conseille de gérer tranquillement l'allure. Message bien reçu (les montées n'étant vraiment pas mon fort). Cependant, la première difficulté est bien avalée. Michel a l'air tranquille, nous échangeons quelques mots et profitons même de l'allée de la Demi-Lune pour accélérer un peu. A 4'31", le km 4 est un peu rapide mais sans conséquences.

C'est tout de même un très grand bonheur de courir chez soi et sans se marcher sur les pieds (remember le semi de Paris).  Je profite de chaque seconde de la course. Vive la nature!

 

4-6km: 9'19"

 

4-5: 4'35"

5-6: 4'44"

 

Après avoir quitté l'allée de la Demi-Lune, nous atteignons la longue ligne droite de l'allée Royale. Je la descend dans un tout autre état de fraîcheur que lors de la fin du Semi de Vincennes!

 

DSC 0033

    Michel, Pierrot et Bernard au km5

 

Nous passons à la mi course en...23'10", bien plus rapidement que mes meilleures prévisions. Je sais que le plus dur est à venir, alors pas de raison de s'emballer, d'autant plus que la remontée de l'allée Royale (sens opposé) augure des plus grosses difficultés de la course. Les muscles commençant à tirer un peu mais je la gère sans heurts. On tourne en 4'44"? pas  grave du tout! Ca fera autant de jus pour la fin...

 

6-8km: 9'28"

 

6-7: 4'45"

7-8: 4'43"

 

Comme lors du Semi de Vincennes, la remontée de la Route de la Tourelle sera le véritable juge de paix de la course. Ce faux-plat montant est un vrai piège. Un passage qui a l'air anodin mais qui peut pourtant vous faire exploser, j'en sais quelque chose. Ce coup-ci, les choses se passent correctement même si je perds un peu de terrain au niveau du chrono. C'est alors que nous sommes rejoints par Michel Orchilles, organisateur de courses très connu et accessoirement un très bon runner qui assure toujours et encore malgré ses...65 printemps. J'avais eu le plaisir de discuter avec lui lors de ma reconnaissance du parcours du semi des Chasseurs de Temps et je le croise très souvent, que ça soit en course ou en entraînement. Là s'en suit une conversation plutôt sympa (extraits):

 

-Michel R.  : ben alors, Michel, tu cours sans dossard?

-Michel O. : ouais, ouais, je profite du beau temps pour m'entraîner tranquille (NDLR: le bonhomme s'entraîne en 4'30"/km sans forcer)

-Pierrot: Ah, je me disais bien que tu avais l'air facile!

-Bernard (dans le dur):..(mais je n'en pensais pas moins)

-Michel O.: Bon les gars, bonne fin de course!

Et Michel O. de nous semer au train sans forcer ...

 

Bien que je commence à sentir mes cuisses se durcir, je reste bien dans le coup. Pas d'effondrement chronométrique, foulée bien régulière et les bons conseils de Pierrot achèvent de me donner le coup de boost nécessaire.

Si j'arrive dans de bonnes conditions à la fontaine située au début de la Route Dauphiné, je serai en mesure de jouer un bon chrono. Et effectivement, ça commence à sentir bon car je passe au km8 en 37'22" (38' lors de la Pisciacaise)

 

8-10km: 8'38"

 

8-9: 4'25"

9-10: 4'13"

 

Comme me l'avait dit Stéphane lors de la Pisciacaise, je dois tout donner lors des deux derniers kilomètres en dépit d'une très probable détresse respiratoire. A hauteur du km8, Pierrot accélère petit à petit et me distance. Je vais donc assurer le sprint final tout seul (ayant fini son entraînement, Michel bifurque à droite) mais je sais ce que je dois faire: accélération progressive sous peine d'explosion.

Le profil de ce final est très favorable car nous avons pour ainsi dire 1.5km de faux-plat descendant.

La Gendarmerie Nationale n'a rien laissé au hasard: il y a un gendarme posté tous les 100 mètres de la Route Dauphiné. En effet, cette route est partagée avec les nombreux cyclistes qui arpentent le Bois de Vincennes. Récemment, un accident mortel a provoqué de nombreuses interdictions préfectorales pour les courses à pied. Mais là, avec la Gendarmerie, tout est sécurisé, rien à craindre.

 

 

Bien qu'étant dans le dur, j'arrive à accélérer progressivement. Je rattrape au train une demoiselle qui avance bien mais qui semble avoir du mal à terminer. Elle tente de suivre ma foulée mais explose peu après.

 

DSC_0061.JPG

Au sprint final

 

Je profite d'un petit replat pour arrêter l'accélération et maintenir la vitesse. Toutefois, je n'ai pas de répit car deux demoiselles sont sur mes talons et vont très vraisemblablement m'avaler au train. C'est là que je lance mes dernières forces. Je tire au maximum sur mes bras et envoie un bon gros sprint à 400 mètres de l'arrivée. Du coup, les demoiselles ne suivent plus et je franchis la ligne d'arrivée en 46' pile (46'04" officiel), une performance inenvisageable il y a deux mois mais tout à fait réelle.

 

Benoît César me donne l'accolade et me propose de le retrouver très prochainement à l'entraînement. J'accpete avec plaisir. Je retrouve Pierrot qui a fini en 45'45" (sans forcer, bravo) ainsi que ce cher Michel Orchilles qui en a fini de son entraînement. Je retranche 1'18" à mon ancien record: l'entraînement paie!  Mes entraînements seront désormais. Rendez-vous le 27 mai à la Ronde des Etangs du côté de Vert-le-Petit!

 

Lien Garmin de ma course

Par legrosjoggeur - Publié dans : Mes courses - Communauté : Triathlon, Trail, Marathon, Ultra : ENDURANCE SPIRIT
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 16:48

Comme nous le savons tous, le ravitaillement en course joue un rôle important (voire décisif) sur nos performances.

Et plus la course est longue, plus ce postulat se vérifie. Selon la température, on pourra peut-être se passer de boisson lors d'un 10km alors qu'à partir du 15km, il sera necéssaire de boire.

Il convient de boire progressivement et de ne pas attendre d'avoir soif car, quelque part, il est déjà trop tard. En effet, plus on est déshydraté et moins on est performant et en défaillance potentielle.

 

Malgré ma courte expérience de runner, j'ai déjà eu le temps de faire le tour des divers ravitos possibles. J'ai surtout appris de mes erreurs et cela m'a permis (outre l'entrainement) d'améliorer mes  modestes performances.

Il est vrai que le titre parle des ravitos en course... mais il est indispensable de parler de l'avant-course qui conditionne également les évènements. 

Voici ma manière de procéder.

 

1. Tout commence avant la course

 

A. Les jours précédents

 

A présent, je ne change rien à mon alimentation plutôt équilibrée. De bonnes part de féculents ainsi que de légumes. Je ne me prive de rien tout en restant raisonnable. Sur courtes distances, il n'y a qu'à la veille de la course que je me surcharge de glucides (pâtes, riz, semoule) avec des viandes blanches.

 

Concernant le semi-marathon, là  les choses changent. J'opère la charge de glucides 3 jours avant la course et jusqu'à la veille de celle-ci. Au menu, diminution de la quantité de légumes au profit de glucides et sucres lents. Evidemment les pâtes et le riz ont une place de choix mais pour éviter le raz-le-bol, je varie en introduisant des légumes secs tels que les haricots rouges ou blancs, ainsi que les pois chiches ou autres pois cassés. Je n'oublie pas de manger une bonne quantité de pain. Tout cela nous apporte le fameux glycogène, ce carburant musculaire indispensable pour une bonne tenue de course.

Je consomme toujours autant de viandes blanches. Et les viandes rouges? Pourquoi pas mais 36 heures avant la course car l'élimination de leurs déchets prend beaucoup plus de temps.

 

A bannir: Le malto! Ce complément alimentaire prétend apporter des glucides en plus lors de la surcharge glucidique précédant une course longue. J'ai essayé ce produit en prélude à mon second semi-marathon. A ce moment,  je me suis astreint pendant trois jours à boire ce breuvage. Il fallait voir la tête de mes collègues de travail avec ma bouteille de liquide blanchâtre...

Outre le goût pas très agréable, cette boisson ne m'a absolument rien apporté. Le reste du pot a fini à la poubelle...une bonne leçon.

 

 

B. Le dernier repas.

 

Là encore, il m'a fallu quelque temps avant de trouver mes marques. Je ne connaissais pas grand chose mis à part le fait de devoir manger 3 heures au plus tard avant le début de la course. J'ai essayé de prendre mon petit déjeuner habituel (céréales+ lait et jus de fruits)= pas assez digeste! Je me suis senti barbouillé et un peu lourd avant la course. Une compote avec une barre céréalière? Un peu mieux. Après avoir consulté quelques runners expérimentés et compulsé quelques bouquins spécialisés, j'ai trouvé le petit déjeuner d'avant-course idéal avec...deux oeufs pochés accompagnés de deux tranches de pain légèrement beurrées et accompagnées d'un petit jus de fruits. Aucun souci d'hypoglycémie et au contraire, un apport non négligeable de protéines et de glucides. En outre, aucun souci de digestion, le délai de 3 heures minimum permet une assimilation idéale des aliments. 

 

Bien que le travail d'hydratation soit déja réalisé en amont de la course (au moins 1.5 litre d'eau par jour), il ne faut bien sûr pas oublier de s'hydrater avant la course en buvant 50cl d'eau tout en stoppant la prise de boisson une heure avant la course. Un bon café fait également l'affaire, surtout quand il fait froid (cf. Humarathon).

 

Effet placebo: la prétendue boisson d'attente censée stabiliser le taux de glycémie et atténuer les effets du stress.

Proprement inutile. Il suffit de bien se nourrir et s'hydrater jusque là. Votre porte-monnaie s'en portera mieux.

 

2. Pendant la course

 

Une fois que la course a démarré, nous commençons a entamer nos réserves de carburant musculaire. Sur courtes distances, il ne devrait pas y avoir de problème de ravito. Toutefois, s'il fait très chaud, il serait prudent de boire quelques gorgées d'eau à mi-course. Personnellement, je pars toujours avec une petite gourde de 20cl d'eau facile à porter et qui permet une certaine autonomie. Je laisse chacun juge de l'initiative que j'ai maintes fois testé en sortie longue et validé en course.

 

Au delà d'un 10km, le ravitaillement devient à mon avis nécessaire. Chacun sa tactique là dessus. Certains partent sans rien et s'arrêtent tranquillement siroter un peu d'eau (+ sucre, etc...) à chaque ravito. Pourquoi pas?

D'autres comme moi, partent avec leur boisson sur eux. Dans mon cas, je bois quelques gorgées d'eau sucrée tous les deux kilomètres. Cela me permet d'assurer une entrée de glucose nécessaire et de garder une bonne glycémie. De plus, j'évite (selon le volume de concurrents) les bousculades des ravitos, vive le gain de temps!

Vous avez sûrement remarqué que je ne parle pas de prise d'aliments solides genre banane, fruits secs, pain d'épices ou autre...

Chacun son truc mais je ne suis pas partisan de cela. Etant déjà en plein effort physique, nous ne pouvons nous permettre de "faire travailler notre corps encore plus". La digestion d'aliments solide nécessite une certaine énergie et retarde le transfert de l'eau (et donc du glucose) vers les muscles. A la rigueur, une compote peut faire l'affaire.

 

P1010080.JPG

Peu onéreux et 100% efficace...

 

 

Comme mentionné plus haut, je suis partisan du ravitaillement le plus simple possible: eau+sucre dès le début de la course. Mais pas n'importe quel sucre. Oubliez le sucre blanc chimique à souhait et optez pour un délicieux sucre de canne, un pur délice même dissous. Deux morceaux de sucre dissous dans 25cl d'eau me paraissent la quantité nécessaire. Un souci d'autonomie? Il suffira d'emmener deux à quatre morceaux de sucre dans votre poche (sous plastique bien sûr, histoire d'éviter les mauvaises surprises).

 

Et les gels énergétiques alors? : Il ne s'agit que d'un avis personnel mais je trouve ces produits d'une formidable...inutilité! J'ai testé divers gels lors de mes courses précédentes et j'en suis revenu dépité au vu de leur inefficacité répétée. Ceci dit, j'étais prévenu par certains amis runners voyant ces produits d'un oeil pour le moins sceptique... 

Ces gels sont pas adaptés à tout le monde (de fréquents cas d'intolérance gastrique) et en plus, pas faciles à consommer au vu de leur consistance visqueuse (bien que certaines marques aient sorti des gels bien plus liquides). Ils nécessitent de l'aveu même de leur fabriquant 30cl d'eau pour pouvoir être ingérés. A moins donc de disposer d'une gourde d'eau pleine, il faudrait donc attendre le ravitaillement...

Pour ma part, je n'ai pas vu un seul effet positif (mais vraiment PAS UN SEUL).  Certains camarades runners n'ont pas à s'en plaindre, tant mieux pour eux. Cependant, pour moi l'effet "coup de fouet" s'apparente à un formidable "coup de boost marketing" à un prix indécent.

 

Et les boissons isotoniques alors? Là aussi j'en suis revenu. Ces boissons provoquent surtout un effet placebo. Aucun risque de tomber malade (quoique...) mais plutôt de perdre de l'argent. A fortiori, je n'y ai rien trouvé de mieux.

Cela n'engage que moi mais vous pouvez faire de belles économies!

 

En conclusion: Pourquoi faire compliqué? L'apport en glucose nécessaire pour nos muscles réside en de simples morceaux de sucre. Un kilo de ces "merveilles" coûte grosso modo un peu plus de 2 euros, c'est à dire un peu moins cher qu'un seul de ces gels énergétiques. Le calcul est simple. Concernant le semi-marathon et partant sur la base de 4 ravitos théoriques (tous les 5 kilomètres) , vous dépenseriez plus de 8 euros en gels (et encore je ne parle pas des marathons...). Alors qu'en consommant 8 sucres (et encore) , aucun impact économique pour de meilleurs résultats à mon avis.

Je ne me pose pas du tout en autorité mais force est de constater dans mon cas que simplicité (eau et morceaux de sucre de canne) rime avec efficacité. Le débat est ouvert...

 

 

 

 

 


 


Par legrosjoggeur - Publié dans : Matériel et nutrition sportive - Communauté : Triathlon, Trail, Marathon, Ultra : ENDURANCE SPIRIT
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 16:31

Rassuré par un record personnel surprise lors de l'Humarathon, je reprends le chemin de l'entraînement avec enthousiasme. Il me reste trois semaines avant mon dernier semi du semestre et je me rends compte que pas mal de chemin a été accompli depuis le semi des Chasseurs de Temps. Ayant pour une fois terminé plus que correctement un semi, je valide cette stratégie de l'accélération progressive en pensant la renouveler lors de la Balade des Chênes d'Antan à Draveil. Comme je vous l'ai expliqué précédemment, je suis devenu addict des courses natures et cette course me plaît énormément avec sa majorité de chemins forestiers. Durant ce laps de temps, je travaille énormément au seuil et en négative split, histoire d'accélérer même en étant fatigué. Je choisis également d'allonger mes sorties d'endurance fondamentale à 1h10, en incluant des côtes.
Mon ami runner Laurent Wilk (qui a brillamment terminé le Marathon de Paris en 3h30'!) sera de la partie. Il me propose de courir la course ensemble, ce que j'accepte avec plaisir. En revanche, je tique un peu lorsqu'il m'annonce le plan de route . Trop rapide à mon avis mais bon...nous verrons le jour J

L'avant-course

 

Le lieu de la course étant trop loin pour un retrait de dossards la veille, nous ne ferons pas le traditionnel rendez-vous .Le départ étant donné à 9h00, je me lève à 5h45 pour engloutir deux oeufs pochés ainsi que deux tartines de pain légèrement beurrées. A 7h20, je passe donc prendre Laurent à mi-chemin de nos domiciles respectifs pour ensuite foncer sur Draveil. La semaine a été plutôt agitée au niveau climatique et nos espoirs d'un temps clément sont douchés au sens propre du terme: il tombe des hallebardes tout au long du trajet. Laurent raille très gentiment mon optimisme permanent avec raison. J'ai beau me persuader, la vérité est là, cruelle et implacable: pour la première fois de ma vie de runner , je vais disputer une course sous une pluie drue. Beaucoup de runners ont renoncé mais pas nous, c'est dejà ça...


Nous arrivons à la ZAC de Mainville vers 8h20 sous des trombes d'eau. Le retrait de dossards se fait chez le traiteur Janiaud, un des partenaires de la course. Premier bémol (je vous avertis de suite que ça ne sera pas le dernier...), il n'y a que deux toilettes de disponibles, à l'intérieur même du batiment, qui plus est! En plus, vu la pluie les locaux deviennent rapidement exigus. Second bémol (je vous avais prévenus...), le départ de la course se fera à ...800 mètres du lieu de retrait de dossards. Personnellement, je n'ai jamais vu ça mais il faut faire avec. Je file avec Laurent me garer sur le parking du Super U situé près de la ligne de départ. Il est 8h30, et nous enfilons rapidement nos chaussures de course (heureusement que nous avions déjà revêtu nos tenues!).


Là, ça devient proprement inouï. Il pleut de plus en plus fort et nous en sommes à nous demander si la course vaut bien la peine d'être courue. A 8h45, nous ne sommes toujours pas sortis de la voiture et de toute façon, le ciel n'est pas avec nous... Finalement à 8h50, nous y allons sans grande conviction. J'avais un temps émis l'hypothèse de revêtir un coupe-vent pour la course mais la veille, Laurent m'en avait dissuadé. Simplement parce qu'il pensait qu'au vu de la température (14°) il valait mieux courir léger pour éviter la triple peine (mouillé dehors, mouillé dedans et effet sauna) .J'hallucine tout de même: nous allons disputer une course SANS ETRE ECHAUFFÉS, du jamais vu.
Après nous être abrités comme tous les runners sous le préau du gymnase de Mainville (proche de la ligne de départ), nous rejoignons celle-ci. Il pleut toujours et en plus, il y a du vent. Je serai pour l'occasion vêtu d'un T-shirt technique Adidas, d'un excellent short Zoot, de mes tradtionnelles chaussettes montantes Adidas Techfit ainsi que de mon bonnet Kalenji. Mes Brooks Pure Cadence complétent le tout. J'assure l'hydratation avec mon bidon Ronhill qui me permettra de boire deux gorgées tous les deux kilomètres environ. L'ami Laurent est aussi légèrement vêtu que moi mais chausse des Newton et il a amené son bidon Simple Hydration. Choix gagnant?

 

La course

 

Je passerais sur les conditions de course que je vous ai décrites: Il fait moche mais pas froid. Dans ces conditions, ça serait déjà bien sympa de finir mais l'ami Laurent souhaite vraiment partir à la chasse au record. Désabusé par la pluie, je me dis que ça n'est pas sérieux. D'autant plus qu'un bénévole nous annonce de belles et immenses flaques de boue disséminées ça et là sur le parcours. Ah, les courses natures...

Le départ est donné à 9h00 pile et nous sommes à peine 250 courageux sur la ligne. C'est parti!

 

Départ-5km: 25'33"

 

0-1: 5'13"

1-2: 5'09"

2-3: 5'05"

3-4: 5'02"

4-5: 5'04"

 

Etant d'accord sur un départ "lent", nous partons prudemment. Il pleut toujours mais rien que le fait de bouger nous procure un très grand plaisir. En outre, nous ne nous bousculons pas, il y a vraiment de la place pour tout le monde. Les deux premiers kilomètres sont parfaitement dans le ton: faciles et bien gérés, ils nous permettent de nous "échauffer" (ben oui...). Au km1.5, première difficulté au niveau de la Route Forestière de la Croix de l'Ermitage, une magnifique mare de boue. Le Raid Gauloises® a commencé et nous sommes déjà bien crottés. En revanche, la pluie cesse et tout d'un coup (mis à part le sol détrempé) les conditions deviennent idéales.

Nous sommes faciles, bien dans l'allure et en avance au km5: 25'33" au lieu des 26' que j'avais prévues.

 

Route-Forestiere-de-l-Ermitage--km-3-et-13-.jpg

Route Forestière de la Croix de l'Ermitage km3 et km 13 (la boue en moins)

 

 

5-10km: 25'42"

 

5-6: 5'10"

6-7: 5'09"

7-8: 5'01"

8-9: 5'13"

9-10: 5'09"

 

Il a plu toute la semaine et cela se voit: les chemins forestiers de la forêt de Sénart sont détrempés! Malgré tout, nous nous frayons ça et là un chemin en essayant d'éviter les flaques de boue. Mes chaussures sont méconnaisables mais je n'en ai cure: je fonce! Au Km6 bordant la Nationale 6, le parcours devient carrément proche du trail, voire surréaliste. Impossible d'éviter la boue et en plus, il faut sauter par-dessus les racines: tout pour plaire. Je préviens Laurent que je vais quand même prendre mon temps sur certaines difficultés. De toute façon, il est impossible de relancer correctement après avoir planté ses pieds dans la boue... Malgré tout, je me sens très bien dans cet environnement hostile. Mes temps de passage sont bons, les bénévoles sont vraiment sympathiques. Il ne manque plus que le beau temps. La course n'est pas plate mais je me joue avec bonheur des faux-plats montants. Laurent remarque que je ne me sers pas beaucoup de mes bras. Je lui explique au contraire que je suis très relâché. Dans un sourire, il acquiesce. Le km9 comporte un passage ultra dangereux où les racines le disputent aux flaques de boue. Néanmoins, notre vigilance n'est pas prise en défaut. Non loin du gymnase de Mainville, nous emprutons un passage vraiment singulier (voir photo). Je passe au km10 en 51'16", que du bon!

 

Km-10.jpg

Le fameux passage du km10...

 

10-15km: 25'21"

 

10-11: 5'06"

11-12: 5'00"

12-13: 5'01"

13-14: 5'06"

14-15: 5'08"

 

Excepté la température vraiment idéale, les conditions sont purement dantesques. La boue est omniprésente et nous sommes obligés de faire de véritables prouesses pour pouvoir traverser les difficultés. Laurent me propose une stratégie bien réaliste: profiter des parties bitumées pour accélérer et gérer notre allure sur les bourbiers. Concernant notre vitesse, tout se passe bien. Même la belle montée du km11 sur la Route Forestière des Creuses ne nous pose pas de problème (le kilomètre sera parcouru en 5'06"). Je me sens vraiment bien même si je pars un peu dans l'inconnu. Vais-je tenir ce rythme qui doit être le nôtre jusqu'à la fin de course? Les deux kilomètres suivants parcourus sur une route bitumée et praticable donnent le ton: je suis vraiment bien. Nous gérons très bien les km 12 à 14 tout en faux plat empruntant la route forestière de l'Ermitage. Je ressens tous les bienfaits de l'entraînement lorsque nous remontons les coucurrents les uns après les autres de manière très cool, juste au train.

Nous passons au km15 en 1'16'37". Là, je réalise que j'avais couru les 15km des Foulées Charentonnaises en...1h17'07". Je n'en reviens pas! Etant encore frais, je me dis que le hold-up est possible...

 

Route-Forestiere--du-Beau-Chene--km4-et-15-.jpg

Route Forestière du Beau Chêne au km 4 et km15 (ah, s'il avait fait aussi beau...)

 

 

15-20km: 25'28"

 

15-16: 4'57"

16-17: 5'14"

17-18: 5'08"

18-19: 5'03"

19-20: 5'05"

 

Le km 16 étant bitumé, nous en profitons pour accélérer. Nous avons bien fait car le gymkhana ne va pas tarder à reprendre, toujours en bordure de la nationale 6. Même en étant prévenus, pas moyen d'éviter les zigzags afin de passer à "gué". La mission est toutefois accomplie car nous ne perdons pas de temps. Je dirais même qu'au vu des conditions, nous avons plutôt assuré! N'ayant plus d'eau à disposition, je dois m'arrêter 15 secondes pour me ravitailler. J'aurais pu ignorer ce ravitaillement mais je connais trop les conséquences d'une imprudence passagère (Chasseurs de Temps). Tant pis pour le temps perdu, nous verrons bien à l'arrivée. Au niveau musculaire, je commence à être dans le dur. La course commence vraiment au ...km18, là c'est tout ou rien. Pas question de lâcher, je suis dans les temps pour laminer mon record personnel et je me dois d'être au top. Ne serait-ce que pour mes proches et mes amis runners qui m'ont tant envoyé de bonnes vibrations les jours précédents. Sans oublier mon running partner du jour, Laurent qui m'encourage à ne pas lâcher. Les km 18 et 19 sont difficiles mais je maintiens l'allure : mon mental remplace mes jambes que je ne sens plus. Je reste dans l'allure dans une ligne droite de près de deux kilomètres où les faux plats montants le disputent aux descentes. Je dépasse l'ami runner d'OVS Giancarlo (valant 1h40), qui semble avoir totalement explosé. Nous attaquons le km20 et nous bouclons la boucle avec ce fameux secteur ultradangereux (boue, racines, pierres...). Je garde ce qu'il me reste de lucidité pour le dernier gymkhana du jour et ça marche...

 

 

20-21: 4'41"

Derniers 100m: 21"

 

Dernier-kilometre.jpg

A l'attaque dans le dernier kilomètre

 

Nous attaquons le dernier kilomètre sur un tronçon totalement goudronné. J'ignore totalement ma fatigue pour lancer un bon gros dernier kilomètre. Juste un oeil sur le chrono qui me confirme qu'à moins d'une explosion majeure, je vais gagner (i.e.: exploser mon record). A la grande surprise de Laurent, j'arrive à envoyer du bon bois dans les 300 derniers mètres. Cependant, il me règle proprement mais l'essentiel est plus que fait: je coupe la ligne d'arrivée en 1h47'07", soit 2'30" que mon précédent record. Ce coup-ci , pas de chute à terre. Mes jambes me portent encore et je tombe dans les bras d'un Laurent visiblement heureux. Je savoure intérieurement sans en rajouter mais le plaisir est immense.

Le semi des Chasseurs de Temps me paraît bien loin. Mon cycle semi-marathon se termine de la meilleure manière!

Grand merci à Laurent, fin tacticien!

 

Résumé Garmin

Par legrosjoggeur - Publié dans : Mes courses - Communauté : Triathlon, Trail, Marathon, Ultra : ENDURANCE SPIRIT
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 23:18

J'ai rencontré Benoît César lors des sessions d'entraînement qu'il dirige pour le compte de Mizuno Running France.

Depuis, nous avons sympathisé et sommes régulièrement en contact.
D'origine mauricienne, Coach Benoît est un homme très très pris et malgré tout, il accepte avec enthousiasme mon idée d'une interview-vidéo où nous parlerons de tout. Malgré une belle carrière sportive, il est resté un homme d'une grande simplicité
Mon pote Eric sera derrière la caméra.

 

Je m'excuse d'avance pour les brefs problèmes de son rencontrés.  

 

Lieu: Bois de Vincennes, près du Lac Daumesnil

Date: 24 avril 2012

Heure: 18h00

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci une nouvelle fois à Benoît pour sa gentillesse. Vous pouvez le croiser très régulièrement du côté du Bois de Vincennes. Il donne des cours d'athétisme et de fitness à l'association Courir Pour Le Plaisir (CPLP)
Par legrosjoggeur - Publié dans : Les entretiens du GROS joggeur - Communauté : Triathlon, Trail, Marathon, Ultra : ENDURANCE SPIRIT
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 19:53

Comme vous l'avez vu tant sur ce blog que ce sur ma page Facebook, j'aime aussi parler des autres runners. Dans ce cas précis, mon ami Eric va nous parler de son dernier marathon: Le Marathon de Barcelone!

 

 

Texte et photos: Eric OUAKNIN

 

Le marathon de Barcelone prend chaque année un peu plus d’ampleur. Jugez plutôt : 4 500 coureurs en 2006,

7 500 en 2007, 9 000 en 2008, 12 000 en 2010 et 15 000 en 2011 pour atteindre plus de 19 500 concurrents en 2012. Ramené en terme de pourcentage, la progression entre 2011 et 2012 est énorme (30%). Ce succès grandissant n’est pas dû au hasard car le Zurich Marato de Barcelona a tout pour devenir un grand : une organisation quasi irréprochable, un parcours magnifique et roulant à travers la ville (et la ville uniquement) qui balaye les plus célèbres places et larges avenues de la capitale catalane ainsi que ses principaux monuments. Ajoutons à cela une météo idéale dûe à un emplacement judicieux dans le calendrier, tous ces facteurs contribuent à faire du marathon de Barcelone une course en devenir.

   

 

J’avais pris part à l’édition 2011 mais comme mon temps de 4h02 ne me satisfaisait pas du tout, je tenais absolument à faire mieux. Le plaisir que m’avait procuré l’édition précédente, finissant de me convaincre de revenir.

En 2011, je n’avais pas pu participer au semi-marathon de Paris car il se courait le même jour que le marathon catalan. Pour 2012, les organisateurs du Marató ont eu la bonne idée de repousser la date de 3 semaines ce qui m’a permis de courir pour la toute 1ère fois le semi-marathon de Paris en guise de test préparatoire.



Samedi 24 mars, l’avion se pose à l heure à Barcelone sous un ciel bleu et un soleil radieux. Je prends le bus A1 qui part du terminal 1 (vous avez deviné, le bus A2 part du terminal 2 ;o) ) et m’amène à la Plaça España où se tient l’Expo running (c’est aussi de là que part et arrive le marathon).



Images-2-1152.JPG

La Plaça España


Il est 11h lorsque le bus m’arrête sur la plaça España et bien que j’aie rendez-vous à 15h avec Estéban (alias Steffano) d’OVS, je décide de visiter l’expo pendant qu’il n y a pas trop de monde. L’expo est tout à fait correcte mais sans aucune mesure avec les expo de Paris ou Berlin par exemple: on en fait vite le tour. Je retire mon dossard très rapidement, récupère dans la foulée mon t-shirt et le sac offert (noir comme l’an dernier) et passe au scan pour contrôler si la puce fonctionne bien. Les données du coureur s’affichent sur un grand écran permettant aux inscrits de vérifier si les renseignements sont exacts. Un petit passage à l’hôtel pour y déposer mes affaires et je pars faire un petit tour en ville. Je décide de marcher encore un peu après la Plaça Catalunya jusqu'à l’Arc de triomphe sous lequel nous passerons au km 36 le lendemain.

 

 

entree-expo2.JPG

Entrée de l'Expo Marató Barcelona

 

Quelques photos et je rebrousse chemin pour retourner à l’expo y rencontrer Esteban que je retrouve pile-poil à 15h au dossard N°1 comme prévu. J’aurai marché près de 9km déjà. Nous décidons de visiter la Casa Batlló, réalisation célèbre de l’architecte Gaudi. L’entrée n’est pas donnée mais vaut le coup et nous sommes autorisés à faire des photos. A la sortie, je ne sais toujours pas si j’aime l’œuvre de Gaudi mais une chose est sûre: elle ne laisse pas indifférent. Après un tour dans le quartier gothique (encore de la marche !) nous nous mettons en quête d’un restaurant qui sert des pâtes. Esteban et l’amie qui l’accompagne se rendent ensuite à un concert de Flamenco pendant que je pars me coucher, claqué par la marche de la journée. L’organisation m’envoie un texto me rappelant qu’il faut avancer l'heure et nous donne les prévisions météo : 11° à 8h30 au départ et 17° à 11h. J’ai trouvé ce texto très utile puisqu’il m'a permis de déterminer la tenue que j’arborerai.



Dimanche, réveil bien en avance pour me préparer sans stress. Je quitte l’hôtel vers 7h15 pour me rendre à l’Expo afin d’y laisser mon sac. Je ne sors de l’expo que 15mn avant le départ pour me rendre dans mon sas (3h30-4h), le plus fourni du peloton. A ce moment précis, je ne connais pas le nombre des participants mais la difficulté à me frayer un chemin pour accéder au sas et les 8 minutes nécessaires pour franchir la ligne de départ après le coup de feu m’ont fait comprendre que nous étions nettement plus nombreux qu’en 2011. Le départ est donné à 8h30 (7h30 heure d’hiver) au pied de la colline de Montjuic, le long de l’avenue Maria Cristina qui fait face au 2 tours vénitiennes de la plaça España, c’est au même endroit que sera jugée l’arrivée.



Images-2-1073.JPG

Les colonnes de l'avenue Maria Cristina


J’ai dans l’esprit de taquiner aujourd’hui les 3h50, voire les 3h45 mais comme je n’aperçois pas les ballons des meneurs en 3h45, je vais devoir me fier à ma propre allure et à mes temps de passage.

 

Comme prévu je m’élance prudemment en courant les 3 premiers km en 5’35, 5’32, et 5’32 (5’20 étant la moyenne pour approcher les 3h45). C’est à partir de l’Avinguda de Sarrià (km 3), avenue montante, que la course se décante pour nous laisser plus d’espace pour courir. La course est réellement partie cette fois-ci ! l’Avinguda Diagonal est la plus longue avenue de Barcelone ; elle traverse la ville en diagonale comme son nom l’indique fort justement . A ce moment de la course, nous ne l’empruntons que sur 2 km environ mais nous la retrouverons plus tard. Petit virage à gauche et nous descendons vers le Camp Nou que nous allons contourner par la droite. J’ai trouvé mon allure de croisière qui tournera entre 5’14 et 5’19 au Kilo excepté sur les km où se tiennent les ravitaillements ; là il faudra compter 5’27-5’30. Hormis une petite douleur à la base du mollet, gênante mais supportable, je me sens bien jusqu'à ce que le téton gauche commence a faire des siennes sous le t-shirt. Ayant oublié le sparadrap à Paris, le marathon va peut-être tourner au cauchemar. Autre mauvaise surprise, il n’ y a pas de sucre sur les tables. Moi qui basait mes prises sur un mélange eau/sucre me voilà bien. C’est donc à l’eau uniquement que je me ravitaille sur les 2 premiers ravitos Km 5 et 10.



Après 11,5 km, nous revenons vers la plaça España que nous contournons par la gauche pour une longue ligne droite de 2km sur la Gran Via de les Corts Catalanes (la rue de mon hôtel!). Ces longues et larges lignes droites peuvent paraitre ennuyeuses mais sont en fait un pur régal pour courir sans être obligé de relancer fréquemment ou de ralentir parce que les concurrents se rabattent à chaque virage. Nous tournons à gauche sur le passage de Gracia, l’avenue la plus large de la ville que nous prenons dans le sens de la montée. Seule, la moitié droite de l’avenue nous est réservée mais c’est amplement suffisant. En tournant la tête vers la gauche, j’aperçois la Casa Batlló de Gaudi que nous avons visité la veille. Nous quittons cette grande avenue pour prendre à droite la Carrer del Rosselló où se tient le ravitaillement du 15e km que je passe en 1h20’12. Toujours que de l’eau sur les tréteaux. Je suis plus étonné qu’inquiet car j’ai fait assez de carburant en pâtes pour tenir un moment sans sucre. En bout de table, une jeune fille à les mains tendues vers les coureurs. Je regarde ce qu’elle propose: c’est de la vaseline. Elle ne le sait pas à ce moment-là mais cette jeune bénévole est en train de sauver mon marathon!

 

 

La Carrer del Rosselló marque le début d’une longue partie descendante qui continuera jusqu’au 19e km. Vers le 17e km nous passons derrière la fameuse Sagrada Familia que nous n’avons, hélas, pas le temps d’admirer car nous dévalons la Carrer de Sardenya, profitant de sa pente favorable. Nous débouchons sur la longue Avinguda Meridiana qui va nous mener jusqu’au 22e km. Ici aussi la moitié seulement de l’avenue nous est réservée. Elle se redivise même encore en deux entre le 20e et le 22e km pour nous permettre de croiser les coureurs qui ont fait demi tour par la Carrer de Concepción Arenal. Cette courte rue n’en demeure pas moins un point stratégique avec les premières boissons sucrées et premiers gels mis à notre disposition et marque à sa sortie, le semi-marathon que je passe en 1h52’53, soit sur des bases de 3h45 à une poignée de secondes près.

  

Un peu avant le 23ème km nous franchissons le pont de Bac de Roda, appelé plus communément Pont de Calatrava du nom de son architecte. Me souvenant très bien de cette difficulté longue d’une soixantaine de mètres, je décide de réduire ma foulée pour garder le jus dont j’aurai bientôt besoin. La bonne nouvelle, jusqu’ici les pulses ne sont pas encore montées au delà de 78% de la FCM, la mauvaise, une douleur commence à se faire sentir sous l’avant du pied gauche. Difficile d’incriminer mes Brooks Adrénaline avec lesquelles j’ai décidé de courir, ce genre de douleur pouvant survenir avec n’importe quelle autre chaussure. Nous tournons à gauche pour emprunter au 24è km la Gran Via, sans nul doute la partie la moins glamour du parcours puisqu’elle longe une rocade sur 1 km. Le passage sur la Rambla Prim marque le 25è km que je passe en 2h13’26, toujours sur des bases de 3h45 à 6 petites secondes près! A la lecture de ce temps de passage et des pulses qui ne montent toujours pas, autant dire que le moral est au beau fixe à l’image de la météo de rêve dont nous bénéficions aujourd’hui. Cependant je ne m’emballe pas car le marathon n’a pas encore commencé.

 

25-Rmbla-Prim.jpg

Eric au KM25 (sous la flèche jaune)

 

C’est au 26e km que nous entrons sur la l’Avinguda Diagonal que nous avions foulé plus au nord en début de course; une ligne droite tout à fait plate, certes, mais longue de 5km aller/retour! Je me souviens d’avoir commencé à souffrir sur cette portion l’an passé mais j’étais passé nettement plus en retard. De plus, modification du parcours oblige, nous étions entrés sur l’avenue au 25e km, soit 1km plus tôt. Se présenter au même endroit au km 26 (et en avance qui plus est) vous met du baume au cœur. Depuis le 23e km où se dressait un ravitaillement inattendu (nous en avions déjà eu un peu avant le 21e), les stands sont disposés à intervalles irréguliers et non pas sur tous les multiples de 5 km. Je compense l’absence de sucre par moitié eau, moitié Powerade. Que cette diagonale est longue!

 

Images-2-1088.JPG

En arrière-plan, la fameuse Torre Agbar

 

On a vraiment l’impression de ne jamais en voir le bout. A un moment charnière de la course (approche du 30e), le moral de nombreux coureurs commencent à être mis à l’épreuve. Le demi tour s’effectue sur la Plaça de les Glòries sur laquelle se dresse la Torre Agbar, imposante tour érigée par Jean Nouvel dont la forme fait penser à……un vibromasseur! Dans le virage, le public, plus nombreux, s’est rapproché nous réduisant l’espace et nous oblige à ralentir quelque peu. Mais cette «gêne» occasionnée l’instant de quelques mètres est largement compensée par les clameurs qui font chaud au cœur. On se croirait sur les pentes de l’Alpe d’Huez lors du tour de France! Le kiffe total! Nous quittons l’interminable Diagonal au 31e km. J’ai passé le 30e km en 2h40’23. Je commence à sentir les jambes, les pulses montent et il fait plus chaud. Ca y est, la course commence! Nous allons longer la mer sur 3km pour s’en écarter par la droite au 34e à hauteur de la tour Mapfre. Ce gratte-ciel de 154m fut construit pour les jeux olympiques de 1992.

  

Le faux plat qui mène à l’Arc de Triomphe par une large avenue noire de monde m’avait laissé un mauvais souvenir l’an passé. Je me souviens d’avoir profité d’un ravitaillement posté là pour marcher plus longuement que nécessaire. Tout comme au « U-turn » de la Torre Agbar, on se serait cru sur les pentes montagneuses du tour de France avec une foule très proche qui criait ses encouragements à des coureurs qui en avaient bien besoin. Cette année, décalage de 1km oblige, le ravito du 35è est déjà passé lorsque nous rentrons sur le Passeig de LLuis Companys. Deux choses me frappent : Il n’ y a pas autant de monde qu’en 2011 à cet endroit, et, point plutôt positif, ce faux plat me semble nettement moins méchant que l’an dernier. C’est entre le 36è et le 37è km que nous passons sous la voute en briques rouges de cette porte construite par l'architecte Josep Vilaseca i Casanovas pour l’exposition universelle de 1888.

 

Images-2-1087.JPG

L'arc de Triomphe de Barcelone


Si l’ombre d’un instant j’ai oublié ma fatigue pour contempler ce monument, la réalité me rattrape très vite dès le virage suivant. En effet, la Ronda St Père qui mène tout droit sur la Plaça de Catalunya est en faux plat montant.

Dans l’absolu, le pourcentage n’est pas méchant mais placé au 37e km, on le sent passer. Les spectateurs, qui ont déserté cette année le Passeig de LLuis Companys, se sont placés cette fois-ci dans le virage juste après l’arc de triomphe, au début de la Ronda St Père. Si je devais décerner la palme à un groupe de spectateurs pour cette édition 2012, c’est à celui du tronçon de la Ronda St Père qu’elle reviendrait tant ces spectateurs étaient bruyants. Ces encouragements m’ont considérablement aidé à me « hisser » jusqu’à la place de Catalogne qui sert de tremplin à une descente vers le quartier gothique. Cette déclivité favorable est vraiment la bienvenue ; j’en profite pour relâcher mes membres supérieurs et garder une foulée à peu près souple et cadencée en vue de la prochaine remontée sur les Rambla.



C’est par la Carrer de Jaume I que nous remontons du quartier gothique. Cette rue me rappelle la rue Taine sur le semi de Paris, certes plus courte, mais plus assassine car placée peu après le 38e km. Je la grimpe à ma main en attendant de basculer sur la carrer de Ferran qui la prolonge. C’est au 39e km que nous débouchons sur la Rambla, avenue touristique s’il en est et terrain favori des pickpockets. Nous apercevons au loin le monument dédié à Christophe Colomb. Cette colonne de 60m, surmontée d’une sculpture de Rafael Atché représentant l’explorateur, le bras droit tendu vers la mer, fut érigée elle aussi pour l’exposition universelle de 1888. C’est à cet instant que je m’approche inexorablement du meneur 3h45. Mon allure étant restée régulière, il va de soi que le bénévole à nettement ralenti. J’en aurai le cœur net lorsque je le dépasse au 40e en le voyant se tourner constamment pour chercher les quelques coureurs qui ont encore la force de lui coller au train afin de les encourager sur le final. Les 2 derniers kilomètres restant se courent sur une longue ligne droite en faux plat défavorable, l’Avinguda Parallel.

 

    

Soyons honnête, à cet instant je ne suis plus en mesure d’accélérer mais je dispose d’assez de forces pour maintenir une allure convenable qui me permet de gagner 461 places juste sur les 2195m finaux. Je suis partagé entre l’euphorie de doubler tant de monde et l’agacement de devoir slalomer pour y arriver. Mettons en garde les coureurs, qui désireraient prendre part à la course lors des prochaines éditions, contre cette arrivée piège. En effet, au bout de l’Avinguda Parallel, juste après le virage, se dresse une première arche Mizuno qu’on peut prendre, si on manque de lucidité, pour la ligne d’arrivée. Si on met la gomme trop tôt, les 200 derniers mètres qui restent pour remonter l’avenue Maria Cristina peuvent s’avérer difficiles. Il faut en fait passer sous deux arches avant d’atteindre véritablement la ligne d’arrivée, un portique en haut duquel s’affiche le temps officiel qui défile. Vous voilà prévenus.



Je franchis la ligne en 3h45’38, un peu déçu sur le coup de ne pas être passé sous les 3h45 mais somme toute satisfait par ma gestion de course traduite par 2 semi quasi identiques (1h52’53 / 1h52’45).

 

 

 

temps de passage Barcelone

Les temps intermédiaires d'Eric

 

 

 

Esteban, qui m’a vu passé au 40e, finit peu de temps après moi et me retrouve derrière l’arrivée en direction des consignes. Nous retournons vers son hôtel dont l’aimable personnel nous autorise à prendre une douche salutaire dans la salle fitness bien qu’Esteban ait quitté sa chambre le matin même et que je ne sois pas client de cet établissement (mon hôtel, qui m’a refusé cette facilité, n’est pas prêt de me revoir). Ensuite, nous nous jetterons sur la viande rouge qui nous faisait envie depuis un moment déjà et, quoi de plus logique à Barcelone, sur une délicieuse crème catalane avant de nous séparer sur la plaça Espanya.

 

Cette édition 2012 du marathon de Barcelone fut une réussite à tout point de vue et à l’heure où j’écris ces lignes, l’envie d’y retourner l’an prochain commence à germer. Sachez qu’elle sera avancée d’une semaine et aura lieu le 17 mars 2013. Qui m’accompagne ?? ;o)

 

  

Par legrosjoggeur - Publié dans : Les amis - Communauté : Triathlon, Trail, Marathon, Ultra : ENDURANCE SPIRIT
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Le blog

  • : 29/08/2011
  • : Les chroniques du GROS joggeur
  • Les chroniques du GROS joggeur
  • : Bienvenue sur ce blog dédié à ma pratique de la course à pied. Je cours de 35 à 50 kilomètres par semaine. Tout n'est pas facile mais le plaisir est au rendez-vous. Je vous invite donc à partager avec moi des courses, entraînements, analyses et bien d'autres choses!
  • Contact

Qui suis-je?

  • legrosjoggeur
  • Les chroniques du GROS joggeur
  • cinéma Sports basket jogging
  • Agé de 35 ans, je suis un type plutôt simple (même s'il est bien difficile de se décrire...). J'ai des passions diverses et variées telles que le cinéma, la musique, la lecture (là encore c'est bien banal...) , mais j'aime surtout le sport!

Mes derniers runs

fitness apps

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés